mardi 18 mars 2008

SOCIETE GENERALE texte de Jean-Marc

SOCIETE GENERALE Comité de direction du week-end dernier"- Bon, les gars, on déconne, on déconne, mais on s'éloigne des vraisproblèmes. Qui veut un calva ? J'ai du 80 ans d'âge que je fais venirdirectement de la ferme. Une rareté.- Qui a pris les cigares ? Jean-Eudes, faites pas le rat, renvoyez leshavanes par ici.- Messieurs ! Quand vous aurez fini de vous torcher, on en reviendra ausujet du jour. Où est Roger ?- Aux toilettes, monsieur le président, il a du mal à digérer leshuitres de hier- Bon, puisque notre directeur financier est malade, je vais moi-mêmerentrer dans le sujet. Peuf, Peuf, (il allume un cigare). Messieurs,comme je le disais, l'heure est grave. Merci pour le calva,Pierre-Henri.Les calculs faits par ma stagiaire cette nuit montrent que nous avonsperdu entre 5 et 9 milliards par la faute de ces gros ploucs d'amerloques.- Font chier, ces yankees. On ne peut plus faire confiance à personne !- Silence, Charles-Edouard ! Il est trop tard pour nous lancer dans uneanalyse de risques approfondie. La question du jour est : qui va porterle chapeau ?Silence général. Tout le monde se regarde bizarrement.- Non, ne vous inquiétez pas, on n'en est pas encore à foutre des cadresdirigeants à la porte. Le plan social, on le fera sur les guichetiers,faut pas déconner. Non, mais sérieusement, faut trouver un clampin à fairedégager rapido. De préférence, un qu'aucun d'entre nous ne connaît,histoire de dire qu'on n'était pas au courant.- Oui, monsieur le président, mais qui ?- Je sais pas moi, je suis pas là pour tout faire, non plus. Y'apersonne que vous voulez virer ? Un trou de balle, un minus, mais avec une bonnegueule de psychopathe, qu'on pourrait montrer à la télé en disant "Toutest de sa faute" ?Allez, on y va, on me donne un nom.- Mais, président, on ne les connaît pas, les noms des collaborateurs.On leur parle à peine, et encore, seulement pour les engueuler.- Bon, OK, je vois, c'est encore moi qui vais tout faire.Pierre-Matthieu, passez-moi votre portable. Le trombi de la boîte, il est où ?- Ici, monsieur le président.- Putain, ces tronches de tarés qu'ils ont ! Eh, aux RH, vous avezjamais pensé à donner des consignes, genre "éviter d'embauchés des demeurés" ?Bon, on va pas s'en sortir, je clique au hasard ! Tiens, celui-là,Bernard Hurningh, vous en dites quoi ?- Il est conseiller clientèle à Dôle, monsieur, personne ne croirajamais qu'on a perdu 5 milliards à cause de lui.- Même en magouillant avec la Suisse ?- C'est plus ce que c'était, monsieur, la Suisse. Le secret bancaire esttoujours garanti, mais avec leur déontologie de merde ils seraient quandmême foutus de nous prouver qu'on raconte des craques.- Mouais, va falloir taper dans le lourd. Celui-là, Marc Brice, à votreavis?- Directeur financier d'une sous-filiale de spécialisée dans le prêtagricole dans l'Aube, monsieur. C'est la bourse qui craque, pas lemarché du purin.- Faites le malin, Jean-Edouard, foutez-vous de ma gueule. Bon,celui-là, il a une vraie tronche de vainqueur. C'est mon dernier mot, vous voussortez les doigts du cul et vous me le mouillez à mort. Jean-Gui, entant qu'ancien membre du cabinet de l'Elysée sous Mitterrand, lesbarbouzeries, ça vous connaît, non ?- Oui, on peut magouiller un peu le système informatique, histoire defaire croire qu'il nous a truandés. Faites voir le nom ?- Kerviel, Jérôme Kerviel. Encore un de ces petits merdeux qui croientqu'ils vont devenir riches parce qu'ils passent des ordres de boursetoute la journée sur leur écran à la con. On dirait des hamsters sous acides,ces branleurs. Allez, celui-là paiera pour les autres.- Mais, monsieur, 5 milliards sur le dos de ce trou de balle, personnen'y croira jamais !- Je vous signale, mon petit Charles-Edouard, 80% des français se sontdéplacés il y a un peu plus de six mois pour départager une dindehystérique, et un velléitaire complexé par sa taille, alors vous savez,le sens critique de ces glandus... Bon, on y va. Plan média, bidonnageinformatique, communiqué de presse, plan social en backup, je veux toutça sur mon bureau demain matin. Et vous me supprimerez le coupon de cetteannée, ça fera les pieds à ces connards d'actionnaires.- Quelqu'un reveut du champ', pour fêter ça ?"FIN.

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